Citoyenneté ou perdiem : pour qui participons-nous vraiment aux ateliers ?

Dans de nombreux espaces de formation, la question du perdiem semble parfois prendre le dessus sur l’objectif principal : apprendre et s’engager. Cette réalité interroge profondément notre rapport à la citoyenneté et à la participation aux initiatives de développement.
Dans de nombreux ateliers et espaces de formation liés aux projets de développement, il est courant que la première question posée soit : « Quel est le perdiem ? »
Cette interrogation, souvent formulée avant même le début des activités, illustre un phénomène préoccupant : la participation semble parfois motivée davantage par l’indemnité que par l’engagement civique.
Pourtant, ces ateliers existent avant tout pour renforcer les compétences citoyennes et encourager la participation active à la vie publique. Une question essentielle s’impose donc : participons-nous pour apprendre ou simplement pour gagner ?
Le perdiem : un outil de soutien mais à ne pas survaloriser.
Il serait injuste de nier le rôle des perdiem. Pour de nombreux jeunes, participer à un atelier implique :
- payer le transport ;
- consacrer du temps ;
- suspendre une activité génératrice de revenus.
Dans ce contexte, le perdiem est un soutien légitime qui favorise l’inclusion.
Cependant, le problème apparaît lorsque cette indemnité devient la motivation principale. L’objectif de formation et de développement citoyen passe alors au second plan.
La dérive : quand la motivation financière prime.
Dans certaines situations, la “culture du perdiem” s’installe. L’intérêt pour le contenu diminue, et la participation devient conditionnée par la présence d’une indemnité.
Cela pose une question fondamentale : l’engagement citoyen peut-il être conditionné par l’argent ?
Lorsque cela devient le cas, les ateliers perdent leur sens et leur impact.
L’engagement civique : une responsabilité durable.
La citoyenneté repose sur la responsabilité et l’action. Participer à un atelier, c’est investir dans son développement personnel et dans celui de sa communauté.
- La vraie valeur réside dans :
- les compétences acquises ;
- les idées partagées ;
les actions mises en œuvre après.
Le perdiem doit rester un moyen, jamais une finalité.
Repenser notre rapport aux perdiem
Il ne s’agit pas de supprimer les perdiem, mais de rééquilibrer leur place.
Une citoyenneté forte exige un changement de mentalité : s’engager d’abord pour contribuer, et non pour recevoir.
Les ateliers citoyens sont des espaces de transformation. Le perdiem peut faciliter la participation, mais il ne doit jamais en être la raison principale.
Une citoyenneté authentique se mesure à l’impact que nous créons, pas à l’indemnité que nous recevons.
Replaçons la conscience civique au cœur de notre engagement.
Il est temps de replacer la dimension civique au centre de notre engagement, se former, participer, partager et agir pour le bien commun doit être la motivation première, car c’est ainsi que nous contribuons réellement à la construction d’une société plus responsable et plus juste.
FALMATA CAROLINE