Éducation au Tchad : Un navire qui tangue, mais à qui la faute ?

Le constat est amer et fait l’unanimité dans les foyers, des quartiers de N’Djamena aux profondeurs du Salamat : le niveau scolaire s’effondre. Si le diplôme était autrefois un gage de savoir, il ressemble aujourd’hui de plus en plus à un simple bout de papier. Mais au lieu de se lamenter, posons les vraies questions. Qui est le véritable responsable de ce naufrage ?
1. L’État et la prolifération des « écoles boutiques »
Le gouvernement a souvent privilégié la quantité sur la qualité. On assiste à une éclosion anarchique d’établissements privés et publics sans aucun suivi réel. Le manque de contrôle : Créer une école est devenu un business comme un autre.
2. Le recrutement : Le mérite sacrifié sur l’autel du communautarisme
C’est sans doute l’un des points les plus douloureux. Lorsque le recrutement des enseignants ou des cadres de l’éducation ne se fait plus sur la base de la compétence, mais par affinités communautaires ou népotisme, c’est tout le système qui s’empoisonne. Un enseignant qui doit son poste à un « bras long » plutôt qu’à son savoir n’aura ni l’autorité, ni la passion nécessaire pour transmettre.
3. Des enseignants entre démission et précarité
Tu le soulignes bien : on voit souvent les enseignants dehors plutôt qu’en classe. Pourquoi ?
- La démotivation financière : Avec des salaires parfois irréguliers ou insuffisants, beaucoup courent derrière d’autres activités pour survivre.
- Le manque de vocation : Beaucoup se retrouvent dans l’enseignement par défaut, faute d’avoir trouvé mieux ailleurs. Résultat : le suivi des élèves devient le cadet de leurs soucis.
4. Un programme scolaire déconnecté ?
Le contenu même de ce que l’on enseigne est parfois pointé du doigt. Est-il adapté aux réalités du 21e siècle et au marché de l’emploi tchadien ? Si l’élève ne voit pas l’utilité ou ne se sent pas dans ce qu’il apprend, son désintérêt est immédiat.
Le saviez-vous ? Que ‘’L’éducation est un cercle vicieux ou vertueux. Un système qui recrute par complaisance aujourd’hui forme les dirigeants incompétents de demain.’’ Dit-on.
Conclusion
S’acharner sur une seule cible serait trop simple. C’est un système entier qui est à plat. Le gouvernement doit réguler, les enseignants doivent se réapproprier leur noble mission, et la société civile doit exiger l’excellence plutôt que la facilité.
L’éducation au Tchad n’a pas besoin de nouveaux bâtiments vides, elle a besoin de rigueur, de mérite et de conscience.
BENOUDJOUM NEKILLAMIAN WILLIAMS